On dit qu’il faut souffrir
pour être belle. Et bien moi je pense que l’on oublie de proférer que pour les vacances, c’est pareil. Que comme la beauté, les vacances se méritent. Et qu’il faut en baver pour mieux les
apprécier !
Mais pourquoi dis tu cela Maman ? Je dis cela surtout parce que quand on habite un peu au-delà des frontières françaises, les vacances au pays et les bons petits plats comme là bas dit supposent beaucoup de patience, des trésors d’ingéniosité pour occuper des enfants pressés d’arriver, et pas beaucoup d’amour propre pour rester indifférent aux « gros yeux » du passager de devant qui supporte mal les coups dans son siège (pourtant difficiles à empêcher quand on tient un sac à vomi et qu'on a plus d'enfants que de bras).
Mais, comme l’esprit humain est bien fait, le souvenir d’un voyage cauchemardesque s’atténue juste avant qu’il soit à nouveau temps de prendre les billets pour les prochaines vacances au pays.
C’est ainsi qu’il y a peu, je me suis retrouvée à l’aéroport flanquée de trois bambins, dont un en poussette, et de plusieurs sacs. En route pour le comptoir d’enregistrement, nous avançons à la vitesse de l’escargot en goguette, mais nous avançons tout de même. Après un temps d’attente certain, qui semble d’autant plus long lorsque l’on évolue dans une file avec plusieurs enfants à garder en visuel et plusieurs sacs, nous finissons par arriver devant l’hôtesse. Comme il se doit elle prend nos passeports, pèse nos bagages, colle des étiquettes, tout en échangeant quelques mots avec sa voisine du comptoir d’à côté, le tout sans nous regarder. Puis de façon plus surprenante elle déclare « la poussette, il faut l’enregistrer en soute ».
J’ai suivi récemment un cour de tai shi alors je reste de marbre. A la différence de Maître Renard par l’odeur alléchée, je n’essaie pas de faire lâcher un fromage à cette créature qui cherche à me mettre de mauvaise humeur avant même d’avoir franchi la douane. J’essaie, en développant moult arguments judicieux, de lui démontrer à quel point pour mon bien être mais aussi pour la bonne administration de l’aéroport, il serait judicieux de me laisser ma poussette jusqu’à la porte de l’avion. Il ne sera pas dit qu’une hôtesse au sol peut se laisser attendrir. Elle ne cèdera pas. La règle est la règle. Quand on est sur ses deux jambes, on peut. Quand est dans un fauteuil roulant, on peut. Quand on est sur des béquilles, on peut. Quand on est dans une poussette on peut pas !
Mais pourquoi donc une règle si curieuse ? Et bien, comme le disent les parents à cour d’arguments rationnels : Parce que c’est comme ça et puis c’est tout.
Commence alors une longue, très longue épopée à travers l'aéroport en direction de la porte d’embarquement. Mais au moment ou nous nous rapprochons du but en descendant un escalator interminable, deux japonaises se postent au pied du tapis roulant. Un rayon de soleil ? Quelqu’un qui vole à mon secours ? Pas du tout. Voilà la plus jeune des deux qui sort son appareil photo et qui sans autre forme de procès tire le portrait d’une mère de famille française rouge écarlate, avec un bébé dans les bras, deux sacs en bandoulière et deux enfants d’humeur joyeuse et sautilleuse.
« Sont trop mignons vos enfants » dit la photographe. « Merci » je réponds.
Oui, les vacances ça se mérite.
ou sont mes
chaussettes?
mais que mangeaient les pharaons?
il est quelle heure?
et bien heuuuu....
... Demande à Maman !