Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /2010 20:52

  

Ce billet est une contribution aux jeux d’écriture du blog à 1000 mains de Madame Kevin et Lizly

 

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- « J’vais t’éclater la gueule » j’ai dit tout doucement.

 

Non mais imagine la scène ! Je suis là debout, la photo à la main. Et lui, il sourit ! Il penche un peu la tête, et il a l’air de penser « t’es teeeellement ridicule ».


- « Calm’ toi Philipa. C’est rien cette fille là ! On va pas en faire un drame non plus !»

 

Bein si on va en faire un drame figure toi ! 
 

-« j’vais t’éclater la gueule » j’ai dit, à nouveau. Et, j’ai saisi un des skis posés contre le mur de son bureau.


-« Nan mais t’es pas bien toi ! Tu nous fais quoi là ? »
 

 

Je brandis le ski en hurlant « sale con, j’vais te tuer », et il arrête de sourire.

Ha ha il a peur !

Il sort du bureau et dévale l'escalier quatre à quatre. Et moi, je pars à sa poursuite.

 

Je ne sais pas si tu as déjà couru avec un ski à la main ! C’est quand même très très balèse, hein ! Un ski même parabolique, c’est pas très maniable dans un escalier, tu vois. Un club de golf aurait été plus adapté, mais bon, j’suis pas mariée avec un golfeur hein. Mais avec un skieur !

 

Bref, j’en étais où ?

 

Ah oui ! Donc je courrais, mais pas très vite, à cause du ski et aussi parce que j’étais essoufflée.

 

J’ai ouvert la porte d’entrée au moment où il sortait le 4*4. Je me suis ruée sur la voiture et j’ai balancé des coups de ski. Ca rebondissait sur la carrosserie, mais ça faisait quand même de grosses entailles.

 

Et puis la voiture est allée s’encastrer dans le cèdre. Tu sais celui qui fait un peu d’ombre sur la piscine. Le part brise s’est brisé. En mille morceaux. C’est dommage, elle était très chouette cette voiture. L'intérieur en peau de zèbre surtout. Mais bon, on en achètera une autre. Enfin j’espère.

 

Après, tout est un peu flou. La police. Les gens. Lui qui disait aux autres que je lui avais sauvé la vie. Lui qui me disait à moi que toutes ses maîtresses allaient être étalées dans la presse, qu’on serait ruinés et que ce serait bien fait pour moi.

 

Pas facile. Non, pas facile.

 

Je crois que vais restée enfermée quelques jours, ça vaut mieux. Et puis, quand je sortirai, je mettrai de grosses lunettes de soleil noires. Pour suggérer avec subtilité mon immense détresse. 
 

Parce que je pourrais même être poursuivie pour violence conjugale, c’est Tom qui me l’a dit !

 

N’importe quoi !

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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 07:00

ch.gifC’est toujours quand il fait froid que le chauffage s’arrête. C’est comme ça.

 

De même que c’est toujours le soir où on est 10 à table que le lave vaisselle tombe en panne. Ou que c’est forcément le jour du rôti de veau que le boucher n’a pas de rôti de veau. Ca ne s’explique pas. C’est comme ça.

 

Notez, y a quand même un avantage. Ca permet de raconter des anecdotes.

 

A propos du temps qu'il fait, par exemple. Au lieu d’un simple « Brrr on a bien froid pour la saison», on ajoute « et en plus on n’a plus ni chauffage ni eau chaude ». Et on a une formidable introduction à une discussion sur les avantages du chauffage au gaz ,ou sur l’évolution du cour du fuel de 1973 à nos jours.

 

Bref, hier matin en sortant un pied de dessous la couette j’ai tout de suite compris qu’une journée sans douche venait de commencer.

 

J’étais donc bien heureuse de voir arriver, sur le coup des 17 heures 30, M. Voordeel, chauffagiste de son état.

 

M. Voordeel connait très bien ma chaufferie. Ca c’est parce qu’il vient souvent M. Voordeel. Très souvent. Bien trop souvent.

 

Quand il arrive, il commence par me regarder avec intensité. Sans rien dire. Comme pour vérifier que je ne mens pas. Que le bidule est vraiment en panne.

 

Puis M. Voordeel il dit « tournevis » à son apprenti, celui qui le suit partout avec une grosse caisse à outils. L’apprenti tend en silence un gros tournevis à M. Voordeel. Et M. Voordeel pose très délicatement le bout du tournevis sur la chaudière. Puis il positionne son oreille sur le bout du manche. Et il écoute. Non, ne me dites pas que vous ne saviez pas que les chaudières s’auscultent avec un tournevis, je ne vais pas vous croire !

 

Bien emmitouflée dans ma doudoune, je le regarde avec inquiétude. « Alors c’est grave ? » je demande.

 

Il ne me répond pas M. Voordeel. Il lève doucement un bras, paume ouverte dans ma direction. Je crois qu’il veut que j’arrête de parler. Donc je me tais.

 

Il écoute. J’ai froid.

 

Puis, il dévisse un petit cache noir, appuie sur un bouton, et un vrombissement retentit dans la chaufferie.

 

Alors M. Voordeel, il me regarde avec un air douloureux et résigné. Il hoche la tête lentement. Son apprenti remballe le tournevis, prêt pour de nouvelles aventures.

 

« Ca sera 70 euros. Enfin si vous payez en liquide j’vous fais un rabais ».

 

Il est comme ça M. Voordeel. Il est pas très causant. Il est cher. Il est efficace.

 

 

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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 13:43

superman_1978_reference.jpgC’est un mec qui s’appelle Edouard. Il a trente sept ans,  un peu de bide, et un prof de gym à domicile une fois par semaine.

Ses costumes sont faits sur mesure et il ne supporte que les chemises de chez Brooks Brothers. « Comme John Kennedy » il ajoute l’air de rien.

 

En plus, il est chef. Et quand je dis chef je me comprends.

 

Pas petit chef hein. Super Chef, genre Chef du Monde. Le genre de Chef qui prend l’avion pour aller signer super loin des contrats avec des tas et des tas et tas de zéros. Le genre de Chef qui monte dans des voitures avec des chauffeurs dedant qui le conduisent où il veut, quand il veut, par le chemin qu’il veut.

 

Et moi j’ai de la chance parce que je l’ai rencontré Edouard.

 

Et ouai !

 

Et pas plus tard que l’autre soir. Et la preuve que je l’ai rencontré, c’est qu’il a dit des trucs super intelligents comme « Le Burj al Arab que je connais comme ma poche, haut de bilan, mes équipes, produits dérivés … ». Ca pète bien sa classe hein, de dire des trucs comme ça  ? Non ?

 

Mais ce qui m'a le plus impressionnée, c'est quand il a dit que les chauffeurs, les dollars et tout et tout. Il en a sa claque.

 

Moi, je comprends très bien son dégout des choses matérielles. Il a pas cinquante ans et plein de rollex. Sa vie il l’a déjà réussie de toutes façons. Alors qu’Edouard soit blasé, et bien moi je le respecte. Et totalement.

 

Comme Edouard en a marre du capitalisme et de tous les cons qui l'emmerdent, il a décidé de donner une nouvelle impulsion à sa vie. C’est un désir très profond. Il dit même que « ça vient de ses tripes ». Alors c’est dire si c’est profond comme désir.

 

Ses tripes lui ont commandé de raconter n’importe quoi mais de ne surtout jamais avouer que la vérité vraie c’est qu’il s’est fait virer de son job de Chef du Monde  claquer la porte de son job très important pour réfléchir à un avenir radieux. Politique, écrivain, agent secret… Edouard, quand il rêve, et bien il rêve grand.

 

Et comme on réfléchit mieux à deux, Edouard réfléchit avec un coach très compétent parce que très cher. A moins que ce ne soit l’inverse. Un coach très cher parce que très compétent. Je ne suis plus très sure.

 

Bref, Edouard, il donne très très mal à la tête. Surtout en fin de soirée.

 

Mais l’avantage que Mari et moi avons trouvé à Edouard, c’est que contrairement à du mauvais vin, le lendemain et bien on a pas la gueule de bois !

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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 16:21

lady justice 

Il y a un point d’accord entre Edwige Antier, Elisabeth Badinter, les magazines féminins et autres spécialistes ès femmes !

 

Un point sur lequel toutes et tous sont unanimes.

 

Ce point c'est un mot. Ce mot c’est déculpabilisation.

 

Femmes actives ou au foyer, bonnes mères ou mères indignes, jeunes ou vieilles, grosses ou maigres, il faut déculpabiliser. DE-CUL-PA-BI-LI-SER.

 



Mais pour déculpabiliser la femme il faut d’abord culpabiliser

 

Prenons la mère de famille par exemple.

 

Si elle travaille, on lui dit que le plus dur ça va être d’entendre ses enfants appeler la nounou « maman ». Que la cantine, entre le gras trans et les conservateurs, c’est quand même risqué. Et puis que si elle leur consacrait un plus de temps, à ses enfants, ils connaitraient un peu moins les pokemons et un peu plus le stade de foot !

 

Si elle ne travaille pas, on lui expliquera utilement qu’elle risque de passer pour une nunuche. Qu’il n’y a pas que les purées maison dans la vie et que ses enfants elle devrait pas tant les couver, sinon y vont psychoter. On ajoutera aussi que perdre son autonomie financière c’est dangereux surtout par les temps (et les bombes) qui courent.

 

Quand la crise d’hystérie (ou de larme) est proche, elle est à point pour la déculpabilisation ! C’est le moment d’asséner : « non mais tu sais l’important c’est que tu sois épanouie hein. Des enfants heureux c’est d’abord une maman heureuse. Déculpabilise ! »

 

Et pour l’aider encore plus on pourra lui suggérer quelques lectures. Comme « les mères qui travaillent sont elles coupables ? »* ou « oser être une mère au foyer »**.

 

Les super fortiches en matière de culpabilisation/déculpabilisation ce sont les magazines féminins. Prenez ceux de ce mois ci par exemple. C’est bientôt le printemps, et après ce sera l’été !!

 

Page 2 « Plus belle en maillot de bain…on vous dit tout sur les nouveaux régimes ». Page 15 L’Actrice (ou LeManequin) vous dévoile le secret de sa forme éblouissante: citron/concombre/flocon d’avoines/cardio-training. Puis page 30, « bientôt Pâques…haaa on aime le chocolat ». Et enfin page 40 vous pourrez lire « la mode est aux rondeurs, alors déculpabilisez ».

 

En d'autres termes.

 

Vous êtes belles, minces, actives et en forme. Vous avez une vie ascétique tout en profitant de la vie, car faut rigoler quand même. Vous n'avez jamais de gras en haut des cuisses ni mauvaise mine.


Ah non ? Ohhhh Le gras (ou le teint terne, ou les rides ou être crevée…) c’est pas grave ! Et puis si ça vous arrive et bien .... déculpabilisez !

 

Mais qui a dit que la déculpabilisation devrait être une spécialité féminine ?

- « Dis donc mon Mari. Comme ce doit être terrible de ne jamais participer à la préparation du repas. J’imagine la culpabilité qui doit être la tienne. Je prépare seule du lolo en haut pendant que tu manges tout le chocolat en bas de fabuleux diners et toi tu te contentes de mettre les ‘pedis’ sous la table ! » (je parle volontiers latin le soir)

- « tu cherches à faire passer un message ou bien ? » me demande-t-il l’air vaguement désabusé.

- « que nenni », je réponds du tac au tac. « Je m’inquiète pour toi. Tu n’as pas manipulé une casserole depuis quoi ?10 ans ***? Je VEUX t’aider à te déculpabiliser. »

 

Et bien croyez moi au non, le lendemain soir, nous avons mangé des sushis de chez Déli Sushis. Et c’est pas moi qui les ai commandés !

 

Ah la culpabilité....un vrai moteur  !!

 

 

* de Sylviane Giampino

** de Marie-Pascale Delplancq-Nobécourt

*** En vrai ça fait quand même beaucoup moins, mais faut pas hésiter à en rajouter des tonnes.

**** Illustration "Lady Justice"

 

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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 15:15

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Aller à Disneyland Paris ?
 
Sitôt dit sitôt fait... Ca y est on est dans le parc !
 

Ce qui frappe d’abord c’est le bruit. Assourdissant. Continu.

 

Mais comme le hurle Mickey dans son micro « c’est ça la magie de Disney » !

 

Nous commençons par une visite à Blanche Neige, une des idoles de Fille Cadette. Nous prenons place dans une petite nacelle, prêts à voyager dans l'univers merveilleux de la princesse.

On pensait rêver. En fait on se retrouve plutôt en plein cauchemard. Dans la maison des 7 nains l’agression est sonore et visuelle. Le rire sardonique de la sorcière, les cliquetis des squelettes. Même les arbres de la forêt son effrayants. Ce n’est pas ici que la princesse valsera sous les yeux ébahis de ma Fille Cadette. Les flashs, la vitesse, les cris. Je vérifie quand même en sortant. On ne s’est pas trompés, c’était bien le manège dédié à la merveilleuse histoire de Blanche Neige.

 

C’est clair la magie de Disney ça déchire ! Grave !

 

Et puis il y a aussi l’odeur. Ou plutôt les odeurs. Une ribambelle d'odeurs. Odeur de gras, odeur de sucre, odeur de gras sucré...

 

Tiens ça sent la barbe à papa, comme c'est charmant. Miam une odeur de gaufre. Ah on approche d’un stand pop corn. Là c’est frites. Haaa hot dog pas loin. Pitié épargnez moi les beignets !

 

Amis des omégas 3 ne venez jamais à Disneyland !

 

En même temps, me direz vous, qui vient à Disneyland pour manger ses 5 et fruits et légumes de la journée !

 

Après avoir parcouru quelques kilomètres nous arrivons au manège sélectionné par Fils Ainé. « 50 minutes d’attente à partir de ce point ».

 

Conciliabule. Rébellion. Décision parentale ferme. En route vers d’autres aventures.

 

« Ici il n’y a que 35 minutes d’attente, et 35 c’est beaucoup moins que 50 » souligne Fils Ainé qui est très fort en math. Nous prenons place dans la queue.

 

Faire la queue longtemps c’est très réconfortant. Ca laisse du temps pour observer et écouter les enfants des autres. Ca me rassure toujours beaucoup de voir que chez les autres, c’est pire. Les parents qui hurlent, les enfants qui parlent mal…c’est mon petit plaisir sadique. Ca me met fort bonne humeur. Et de la bonne humeur il en faut pour constater que l’attraction pour laquelle nous avons attendu plus d’une demi-heure a duré 2 minutes 50 !

 

Mais prenez donc des « fast pass » nous dit-on. Les « fast pass » ce sont des tickets magiques qui permettent de griller la queue à une heure dite. Une sorte de rendez vous. Comme ça on attend mais pas dans la queue. Ce qui est vraiment extra car ça laisse le temps d’aller tester d'autres files d'attente (au restaurant ou aux toilettes par ex). Et quand l’heure du rendez vous arrive ….ta dam…on entre par une entrée spéciale et on passe devant tout le monde. Jouissif quand on est le grilleur. Insupportable quand on est le grillé.

 

Ca y est, il s’est écoulé 7 heures depuis notre arrivée dans le parc. On a fait 4 manèges (allez peut être 5), on a les jambes on compote tellement on a marché, et je ne vais pas pouvoir supporter la vue d’une file d’attente pendant les deux prochaines semaines.

 

Cassos ! Demi tour. Re-passage devant les magasins de robes de princesse (prix princiers ! La marge c’est aussi de la magie à mon avis), de pistolets, retraversée de Disneyland Village …

 

Allez, finalement je ne vais retenir qu’une seule chose de cette escapade : les yeux de mes enfants ont brillé de 1000 feux !

 

Bye bye Disneyland !

 

 

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